Belgique : Trois quarts des travailleurs craignent des difficultés financières en cas de maladie de longue durée
La protection contre la perte de revenus devient de plus en plus prisée auprès des travailleurs
Fin 2025, la Belgique a battu un triste record : pas moins 576.643 personnes étaient alors en arrêt de travail de longue durée.1 Les conséquences d'une absence prolongée sont non seulement lourdes sur le plan physique ou mental, mais aussi, bien souvent, sur le plan financier. Les travailleurs belges en sont clairement conscients. Une étude2 menée par AG Insurance révèle que près de trois travailleurs sur quatre (74 %) craignent des difficultés financières en cas d'incapacité de travail de longue durée. Plus de quatre personnes sur cinq (81 %) s'attendent même à ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie actuel.
Dans ce contexte, pas moins de 93 % des travailleurs considèrent qu'une assurance revenu garanti constitue un élément essentiel de leur package salarial. Près d'un travailleur sur deux (48 %) bénéficiant d'une assurance revenu garanti déclare même qu'il refuserait une offre d'emploi si cette dernière ne prévoit pas cette couverture. Pourtant, aujourd'hui, à peine 18 %3 des travailleurs bénéficient d’une telle protection de revenus.
Plus de la moitié des travailleurs surestiment le montant de leur indemnité en cas de maladie
La presse relaie régulièrement les chiffres alarmants sur les incapacités de longue durée. Il est donc logique que les travailleurs prennent conscience de leur propre vulnérabilité. L'enquête menée par AG révèle que 74 % des travailleurs craignent être un jour victimes d'une absence de longue durée. Et ils sont tout aussi nombreux à s'inquiéter des conséquences financières de cette situation.
Malgré cette crainte largement répandue, on constate un manque flagrant d'informations sur le montant auquel un travailleur a droit en cas de maladie de longue durée. Et beaucoup de personnes surestiment l'indemnité légale à laquelle elles peuvent prétendre. Du deuxième au douzième mois de maladie, cette indemnité s'élève à maximum 60 % d'un salaire brut plafonné à environ 4.920 euros, soit environ 3.000 euros bruts par mois. Plus de la moitié des travailleurs (55 %) s'attendent pourtant à un montant (bien) plus élevé.
C'est encore plus le cas pour les personnes dont le salaire brut dépasse 6.000 euros, et ce, en partie en raison de ce plafond légal. Elles pensent, en moyenne, qu'elles recevraient près du double de ce qui est prévu par la loi. À titre d’exemple : une personne percevant un salaire brut de 8.000 euros s’attend à toucher environ 4.800 euros nets par mois ; en cas d’incapacité de travail de longue durée, elle recevra en réalité plutôt quelque 2.600 euros nets.
La demande en assurances revenu garanti explose – l'offre reste limitée chez les employeurs
Malgré ces inquiétudes, à peine 18 % des travailleurs bénéficient aujourd'hui d'une assurance revenu garanti par l'intermédiaire de leur employeur.
Et ce, alors que la demande est particulièrement forte. Pas moins de 93 % des travailleurs considèrent qu'une assurance revenu garanti constitue un élément essentiel de leur package salarial.
Et ce n'est pas tout : près de la moitié (48 %) des travailleurs qui bénéficient déjà d'une telle assurance déclarent qu'ils refuseraient une nouvelle offre d'emploi si celle-ci ne comprenait pas d'assurance revenu garanti. Cela montre à quel point la sécurité des revenus prend de l'importance à un moment où les absences de longue durée sont devenues un problème de société majeur.
La propension à faire des économies sur d'autres avantages, comme la voiture de société, est forte
Autre élément indiquant à quel point la protection des revenus devient un incontournable : les travailleurs seraient prêts à renoncer à d'autres avantages (classiques). 55 % des personnes interrogées déclarent qu'elles accepteraient que leur employeur réalise des économies sur une voiture de société si cela permettait de bénéficier d'une assurance revenu garanti. Ce constat s'applique aussi à d'autres avantages, comme le smartphone ou le leasing vélo.
Benoit Halbart, Managing Director Employee Benefits & Health Care chez AG : « Il y a quelques années encore, il était à peine concevable que les travailleurs soient prêts à renoncer une partie de leurs avantages extralégaux pour pouvoir profiter d'une protection de leurs revenus. Aujourd’hui, nous assistons à une évolution claire. Face au nombre record de malades de longue durée, on prend de plus en plus conscience que personne n'est à l'abri. Ne pas pouvoir bénéficier de sa voiture ou de son vélo de leasing pendant une incapacité de travail n'est pas agréable. Mais c'est moins grave que de perdre une partie de ses revenus. La sécurité financière pèse donc de plus en plus lourd dans les choix que font les travailleurs. »
Concrètement, le tableau ci-dessous montre les éléments de la rémunération globale auxquels les salariés seraient prêts à renoncer en échange d'une assurance revenu garanti. Les seuls « intouchables » sont la pension complémentaire et l'assurance hospitalisation. Les avantages Mobilité et Technologies, quant à eux, entrent plus rapidement dans la balance : le trio de tête des avantages sur lesquels l'employeur pourrait économiser est composé des vélos en leasing (58 %), des voitures de société (53 %) et des smartphones (53 %).
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Laurence Gijs
1 - INAMI, 31/12/2025, https://www.riziv.fgov.be/SiteCollectionDocuments/1-1_personen_invaliditeit_burn-out_depressie_2021-2025_GLOBAAL.pdf
2 - Cette enquête a été réalisée par l'institut de sondage Medallia, à la demande d'AG Insurance, entre le 16 avril et le 4 mai 2026, auprès d'un échantillon représentatif de 1.000 travailleurs belges. La marge d'erreur maximale sur 1.000 répondants est de 3 %.
3 - Calcul basé sur les chiffres d'Assuralia (nombre de travailleurs actifs des secteurs public et privé bénéficiant d'une couverture rente d'invalidité) et de Statbel (nombre total de travailleurs actifs en Belgique).
